Louis ARMAND

(1905 Cruseilles - 1971 Villers sur Mer)

Il entre à l'Ecole Polytechnique en 1924, à 21 ans, puis 3 ans plus tard à celle des Mines de Paris. Employé un temps au service des eaux thermales, il entra au PLM en 1934 et fut nommé au service de la traction.

Il étudia les phénomènes d'entartrement des eaux de chaudières. En effet le tartre empêche la transmission de la chaleur, diminue la résistance des métaux. La diversité des eaux d'alimentation pose problème : trop calcaire il y a du tartre et pas assez ce sont les parois qui se corrodent. Les réparations sont fréquentes, ce qui immobilise engin et équipe. Il met donc au point un traitement complexe de eaux. Le produit mélangé à l'eau provoque des précipités, qui ne s'acrochent pas aux parois, et empêche la corrosion de l'acier. Ce sera le fameux T.I.A. (Traitement Intégral Armand), une véritable révolution aussi bien en France qu'à l'étranger, qui sera mis en application en 1940, à l'aide de 800 techniciens.

Pendant la deuxième guerre, il reste en poste à la SNCF, ce qui lui permettra de se déplacer facilement entre la zone libre la zone occupée. C'est lui qui aura la lourde tache de fermer la gare de Lyon, et d'annoncer aux passagers qu'il n'y aura plus de trains..... C'est lors d'un retour sur Paris, en voyant un drapeau nazi sur un batiment français, que s'impose l'idée de résistance. Il intégrera donc le Mouvement "Résistance Fer", et permettra ainsi de faire passer des informations aux alliés. Mais il est de plus en plus surveillé par les allemands et sera arreté en juin 1944, puis incarcéré à Fresnes. Des négociations seront entreprises afin de le libérer. Il sera "relaché" (contre une somme d'argent parait-il) à la Porte d'Orléans.

Il est nommé chef du service Matériel et Traction de la région Ouest en 1944. En 1949 il est nommé Directeur Général de la SNCF. Après la guerre il faut reconstruire et moderniser le réseau. Le projet de Louis Amand, présenté en 1944 au président de la SNCF et mûri dans la cellule des condamnés à mort à Fresnes, est de trouver le moyen d'alimenter les lcomotives en courant alternatif à fréquence industrielle de cinquante période par seconde (50 Hz). Il connait les essais fait par les allemands sur la ligne du Höllenthal, aménagé en courant industriel. Les essais de 1936 n'ont pas été convaincants et tout est resté sur place. Il se rend aussi aux Etats-Unis en 1946, mais sans succès, les américains ayant fait le choix du moteur diesel. Les essais eurent lieu en Savoie, son pays natal, sur la ligne d'Aix les Bains à La Roche sur Foron. Le matériel utilisé sera de vieilles automotrices de la banlieue de St Lazare, reconverties au 25000 volt, et équipées d'ignitron.

Après la SNCF il entra au CEA pour s'interesser au nucléaire. C'est le premier cheminot a être accueilli à la coupole de l'Académie Française, en 1964. Il fut également Grand officier de la Légion d’honneur et Compagnon de la Libération.

A noter qu'il est aussi à l'origine du pool wagons "Europ" (amélioration de la gestion), Eurofima (1955), l'attelage automatique, l'unification des systèmes de freinage, la mise en service des TEE (1957), l'adoption d'un langage ferroviaire commun européen..... et la suppression de la 3e classe !!

De nos jours, en plus des rues, de nombreux établissements scolaires portent son nom (Yerres 91, Villefranche sur S. 69, Mulhouse 68, Chambéry 73, Poitiers 86...).

Un résumé de la carrière de Louis Armand (au niveau ferroviaire, non exhaustif) :

Pour en savoir plus sur lui à l'Académie Française

 

Louis Armand
Paris - 75
Villers sur Mer - 14
St Julien en Genevois - 74
       
Ambilly - 74
Annemasse - 74
Bons en Chablais - 74
Cluses - 74
       
Yerres - 91
St Germains de Fossés - 03
Photo : Ken Ward
 
Bordeaux - 33
Editions LA SALEVIENNE
 

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