Antonin FROIDURE

(1892 - 1979)

Cheminot et inventeur du parachute carré
Dans le sillage des pionniers de l'aviation, les Ader, Voisin, Blériot…, Antonin FROIDURE est né à Toulouse en 1892.

Ouvrier à la Compagnie des Chemins de fer de l'Est à Pantin en mars 1919 puis visiteur à l'Entretien de l'Ourcq, il ne connut pas la notoriété à laquelle il pouvait prétendre. Passionné d'avions, il met au point le premier parachute carré (36m² de voilure) expérimenté dans de circonstances rocambolesques qu'il décrit ainsi : "En avril 1913, je me rendis au viaduc du Viaur à la limite du Tarn et de l'Aveyron, haut de 115 mètres dans l'intention de sauter moi-même muni de ce parachute. Ce pont n'étant destiné qu'au chemin de fer, je dus me dissimuler avant le jour pour atteindre le milieu de l'arche… Ma carrière d'aviateur et de parachutiste aurait dû normalement, se terminer, par mon écrasement au sol." Le manque de surface de toile et l'absence de cheminée pratiquée dans la voilure accélère la descente. Antonin FROIDURE sort indemne de cette aventure, avec seulement quelques égratignures.

Malgré l'intérêt d'une telle découverte, le ministère des Inventions refuse l'homologation, ce qui désespère FROIDURE en observant pendant la guerre des équipages d'avions sauter, sans parachute de leur appareil en flammes. En 1923, il perfectionne son invention, déposant un brevet avec un sac dorsal et boucle à agrafage. Des essais de lancers ont lieu à Saint-Cyr, d'un ballon captif tenu par 500 mètres de câble. Le parachute "Froidure" obtient le record de rapidité d'ouverture en 1 seconde 1/5, et de lenteur de descente : 2 minutes 23 secondes, avec enfin, après de nouveau essais, l'homologation du Service Technique de l'Aéronautique. Toutefois, l'armée, qui dispose d'un quasi monopole dans l'aviation, refuse de valider ce modèle. C'est à un autre concurrent qu'elle confie la commande sans test de vérification de 3 000 parachutes dont la production sera bien vite abandonnée pour des raisons de sécurité. FROIDURE persévère.

En 1927, il double son invention avec un autre brevet : un dispositif de freinage pour les avions au moyen d'un parachute. Il est à nouveau débouté de ses démarches entreprises auprès du haut commandement militaire. Partagé entre l'amertume et la résignation, FROIDURE découvre pendant l'occupation, dans une revue allemande, les photos d'un aviateur russe abattu descendant avec un parachute qui ressemble comme un frère à celui dont il avait remis les plans à l'ambassade de la rue de Grenelle.
Que s'est-il donc passé ? Espionnage ou détournement du brevet "Froidure" à l'étranger ? De nombreux records en parachute carré sont ensuite homologués, après la guerre, au bénéfice de ressortissants russes, polonais, tchécoslovaques sans réaction de la part des autorités françaises, lesquelles ne se manifesteront pas davantage en 1949, lorsque le parachute freineur, breveté Froidure, est utilisé par l'armée américaine.

Et c'est ainsi qu'Antonin FROIDURE, de guerre lasse, ayant épuisé ses économies pour réaliser ses inventions, renonça au combat qu'il menait contre les arcanes administratives. Il vécut jusqu'en 1979, avec sa modeste pension de cheminot à Rosny-sous-Bois.

D'après les archives de la Société d'Histoire de Rosny-sous-Bois.

Merci à :
Henri DROPSY
Cercle Généalogique des Cheminots
19 rue d'Amsterdam
75008 PARIS
genealogie.cheminots@laposte.net
http://membres.lycos.fr/cheminot

 

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